L’exploitation des abondantes ressources naturelles du Golfe de Guinée exclut les citoyens et communautés riveraines de ces activités. Au lieu d’être des acteurs et partenaires du gouvernement et des sociétés exploitatrices de ressources naturelles, les communautés riveraines et l’ensemble des citoyens du pays hôte généralement sont plutôt victimes dans le processus d’exploitation des ressources. Leurs terres leur sont prises sans compensation, leur environnement est détruit par les faibles pratiques d’exploitation, le contrôle des systèmes de régulation ou de maintien de la sécurité des compagnies exploitatrices sont souvent inexistants, inappropriés ou corrompus ; les moyens de subsistance sont détruits, et les membres des communautés riveraines ne reçoivent aucune opportunité d’acquérir des compétences ou rivaliser de façon effective avec ceux qui souhaitent exploiter les ressources sue leurs terres. Dans le Golfe de Guinée, il y a une forte corrélation entre l’abondance des ressources naturelles et les inclinations non démocratiques des gouvernements. Ces facteurs ont inspiré Social Action et Initiatives de Gouvernance Citoyenne à initier des discussions fin 2006, pour examiner les possibles solutions à ces problèmes.
Ensemble, Social Action et Initiatives de Gouvernance Citoyenne ont requis l’implication du Programme Afrique de l’Open Society Justice Initiative, en raison de son réseau étendu de partenaires a travers le Continent et son immense connaissance des mécanismes juridiques de lutte contre la corruption généralement, et de la corruption liée a la gestion des ressources naturelles en particulier. Ensemble, ces trois organisations ont convenu en 2007 de collaborer au développement d’un concept qui inclurait les mécanismes pour l’application des normes juridiques existantes, de même que des stratégies pour le plaidoyer en faveur de reformes législatives, notamment en matière de contrat liés aux ressources naturelles. Ces trois organisations ont ainsi tenu plusieurs rencontres de planification stratégique, entre elles mais également avec des partenaires de la sous-région, qui visaient à examiner les mécanismes existants dans la région en matière de gouvernance dans la gestion des ressources naturelles. Ces consultations ont inclus des visites de terrain en République du Congo (Congo-Brazzaville) et en Guinée Equatoriale, ainsi qu’au Cameroun, au Ghana, dans le Delta du Niger au Nigeria, et à Sao Tome e Principe entre 2006 et 2007.
Le concept issu de ces consultations à été développé avec l’idée d’apporter un complément aux mécanismes existants de gouvernance du secteur d’exploitation des ressources naturelles, a l’instar de l’Initiative de Transparence des Industries Extractives (ITIE) et Publiez Ce que vous Payez (PWYP). C’est une initiative de plaidoyer créée par un groupe d’acteurs communautaires, citoyens et de la société civile en vue d’une mise en œuvre effective des normes juridiques, politiques et de responsabilité sociale dans l’exploitation, la gestion et la comptabilité des ressources naturelles dans les pays du Golfe de Guinée.
Social Action et Initiatives de Gouvernance Citoyenne, en collaboration avec le Programme Afrique de l’Open Society Justice Initiative, ont mis en œuvre des activités au Nigeria et au Cameroun respectivement, parmi lesquelles la commission et la supervision d’études sur le cadre juridique et institutionnel de gestion des ressources naturelles dans ces deux pays, avec un accent particulier sur les contrats d’exploitation de certaines ressources naturelles ; une étude sur l’évolution de la violence dans la région du Delta du Niger au Nigeria, ainsi que la mise en place de centres de para juristes dans certaines zones riches en ressources naturelles dans ces pays.
Les 2-4 décembre 2008, le RCGG a organisé un atelier de trois jours intitulé « Rencontre d’Experts sur les Questions Substantives en Matière de Contrat et de Régulation dans l’Exploitation des Ressources Extractives dans le Golfe de Guinée » à Kribi, Cameroun, avec pour objectif d’attirer l’attention sur l’importance des contrats d’exploitation des ressources naturelles en vue d’une meilleure gouvernance et du développement humain dans le Golfe de Guinée. Les participants à l’atelier étaient principalement des experts juridiques et d’autres domaines et des représentants des organisations de la société civile venant des huit (8) pays de la Commission du Golfe de Guinée – Angola, Cameroun,, Congo Brazzaville, République démocratique du Congo, Gabon, Guinée Equatoriale, Nigeria et Sao Tome et Principe – ainsi que certains experts venus d’Europe et d’Amérique du Nord.